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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 18:16
Voici mis en ligne le film (8 min) sur les projets menés en Inde pour la construction de la première usine pour la récupération d'eau de rosée dans le Gujarat en 2006 :


Trouvez plus de vidéos comme celle-ci sur Planète-Attitude

ph. Owen Clus, 04-2006

Ce film est mis en ligne par l'association OPUR
Il a été réalisé par Céline, prod. LAPUPILLE


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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 02:40
Pandit Rasraj : raga



 
J'ajoute pour ceux qui se demanderaient ce que je deviens (au cas où), que j'ai bien reposé mes valises à Ajaccio après cette petite année d'aventure(s) et de découverte(s) Croato-Polyneso-indiennes dont je vous ai livré un très bref aperçu au cours de ces pages. J'espère que cela vous a plu et vous aura communiqué un peu de ma faim à aller gratter la terre des orteils, ailleurs, juste pour voir si c'est aussi doux, plus rugueux, plus chaud, plus dur, plus bleu, moins français, plus coloré, plus musical, plus d'odeurs, moins que je connais et plus fou... Ailleurs. Cela faisait si longtemps que j'en rêvais, sans aucun doute depuis mon plus jeune âge et les cassettes de chants pakistanais qui tournaient à la maison, autant que je me souvienne de mon plus jeune âge.
Cela doit être un peu tout ça à la fois, un peu plus ou un peu moins... Un peu différent en fait.



Maintenant la plus grande aventure commence, rédiger cette sacrée thèse. Aventure très "psychologique", évidemment cela fera des anecdotes moins exotiques, du coup je ne sais pas encore à l'heure actuelle quel sera l'avenir de ce blog... Est il préférable de le mettre en veille afin d'éviter un journal à états d'âmes ou itinérance dans l'univers bien plus restreint de ma petite tête (je chausse du 14 ans, c'est dire, fini les grands espaces)? Aurais-je encore des choses à dire? A voir.
J'ai encore de nombreuses impressions à partager sur les derniers temps en Inde, dans le Kutch puis après un bref passage dans le sud et les Yellagri hills près de Bengalore. Autre Inde, autres personnes, autres paysages, même continent. De nombeuses impressions sur le retour en France après trois mois passés sur continent indien fascinant. Je pense que chacun vit ce retour de manière personnelle, mais si le retour de Polynésie était fort, je pense que se reposer par chez nous après l'Inde était sans comparaison. Expérience très riche à laquelle la reprise d'une vie normale ici donne un éclairage particulier. Je m'y attendais, mais le débriefing se poursuit toujours. Si je le sens, j'en dirai quelques mots un de ces jours, avec encore quelques images du dernier mois extraordinaire.
A moins que de nouveaux petits pas ne se profilent un jour? C'est déjà beaucoup plus hypothétique, mais après tout l'appétit est là, si mon étoile ne me lâche pas, mais je l'ai déjà bien sollicitée jusqu'à présent...

A bientôt




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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 13:12
Pandit Rasraj : raga



Essayons de faire bref pour ces dix derniers jours passés hors du Kutch pour tenter de voire un peu ce que peut être le Rajasthan… J’ajoute pour l’occasion quelques photos à suivre parallèlement au texte. Pour sûr ça valait la peine, histoire de ne pas oublier que l’Inde est un continent et que ce que je peux vivre à Panandro n’en représente qu’une infime fraction. Et histoire aussi de faire un petit rond dans le sable hors de ce qui est désormais ici mon cocon avec mes habitudes, le travail, et les gens qui me connaissent.

Donc bus pour Bhuj, puis bus avec couchettes pour Johdpur, la ville bleue à l’imposante citadelle de grès rouge. Et je met ainsi le pied au petit matin dan une autre inde que je ne connaissais pas : L’Inde touristique… Et je me rends compte que pour la première fois depuis le début de ce projet, je suis la route touristique. Même à Bora Bora, j’avais échappé au ciruit en atterrissant dans la cabane de pêche à Tonton Marcel. Mais là, j’ai innové. J’ai booké une chambre en suivant les conseils du grand Lonely Planet™. Et j’ai compris depuis ce jour pourquoi tout le monde dit qu’il est si simple de voyager, que l’on ne voyage jamais seul (ce que j’avais toujours fait jusqu’à présent) etc, etc…

Autorickshow direction la guest house, puis se débattre au beau milieu des cinq ou six personnes qui veulent chacun m’inviter dans la plus belle et la moins chère guest house de la ville. Il faut dire que nous sommes en saison creuse, les touristes sont plus rares, et comme un touriste peut lâcher en une semaine un an de salaire indien, chacun veut sa part du gâteau. Obligé de dire que je veux aller dans cette direction et que j’y vais seul…

Se poser à une terrasse, boire un excellent lassi (lait fermenté genre yaourt liquide aromatisé avec jus de canne pressée et safran ou divers parfums) et réfléchir un peu à la suite vu que je n’ai pas de plan et que tout à coup, après avoir travaillé dur, je me retrouve sans rien faire. Le temps de rencontrer deux français, un couvert de dread locks, l’autre normal (blague) qui viennent de parcourir l’Europe de l’Est, le transsibérien, la Mongolie, la Chine, Le tibet, le Sichuan, le vietnam-Laos-Cambodge-Thailande et maintenant l’Inde… Ca commence bien, on décide de se retrouver pour dîner et ensuite je monte seul au sommet de la forteresse. Je ne sais pourquoi j’ai cette vieille lubie désormais, chaque fois que j’arrive quelque part je commence par grimper au sommet et par en faire le tour, comme si cela allait me permettre de me familiariser avec les lieux, je ne sais pas, ça devient une idée fixe.

Et là je vais m’attarder un peu, en m’excusant d’avance auprès de mes trois compagnons de soirée s’ils me lisent un jour, mais je ne leur souhaite pas. Avec ma chance de débutant voyageur, je suis tombé sur les trois plus gros beaufs qu’il m’ait été donné de rencontrer depuis bien longtemps. Depuis le temps que j’affirme que les dread locks ne sont pas la garantie de trouver des gens cools et détendus. Bref entre autre ils ont une chambre pas cher qui ressemble à un couloir, d’où la réflexion, tous fiers, « on est tellement roots que même en Inde on arrive à être des SDF », bravo, c’est sûr que pour dire ça dans un pays qui compte des millions de familles dormant sur le trottoir avec les chiens et vivant du ramassage des cartons et plastiques dans des sacs de jute, il faut avoir des couilles. D’autant qu’en touchant les assedics en France, le même gars vit ici comme un pacha avec deux restos par jour dans un pays où même la Beuh n’est pas chère. Aucun respect pour les indiens, je n’ai jamais vu ça, je ne croyais pas ce que j’entendais. C’était le jour de la célébration de la divinité féminine. On croise des mères et grand mères en train de chanter des chants religieux, d’où la réflexion bienvenue « c’est la fête des femmes aujourd’hui, on va vous faire votre fête »… Bien, en fait j’étais tellement surpris que j’attendais simplement la suite sans trop savoir ce qu’il pouvait arriver de pire. J’ai eu droit aux plaintes contre les pizzas trop chères, les véhicules qui ne font pas gaffe aux piétons, puis à la bouffe indienne qui est trop grasse dans ce resto. Chose incompréhensible pour n’importe quel indien, ces types mangent sans se laver les mains, indifféremment main gauche ou droite (la gauche étant d’ordinaire réservée à la toilette), parlent haut et fort… Et après trois mois en Inde me demandent si j’ai une technique pour enlever le papier d’aluminium qu’il y a sur les « sweets » - en fait de papier d’alu, une feuille d’argent de quelques microns qui permet de se saisir de la friandise sans avoir les doigts collants et qui se consomme avec, l’argent étant porte bonheur et signe d’opulence en plus de son caractère sacré-. Après ce merveilleux repas (où l’on a payé double, mais je n’ai rien dit tant je ne pouvais en vouloir aux serveurs), je laissais là mes nouveaux compagnons qui devaient aller compléter leur magnifique carnet de voyage, avec cette conclusion éloquente : « La plupart du temps on est tellement défoncés que l’on ne se souvient plus de rien et donc on a rien à mettre dedans ». Magnifique est le mot… Je me suis assis sur le toit terrasse, je ne comprenais pas trop ce qu’il m’arrivait, en me repassant ces phrases sheakspeariennes en tête. J’essayais de comprendre comment des types qui se faisaient chier à mourir en France pouvaient parcourir 40000 km sur trois continents pour toujours se faire chier autant. J’en arrivais à la conclusion qu’en voyageant à plusieurs (trois en l’occurrence) on peut très bien se contenter de la bêtise de ses compagnons de route comme espace de découverte et être le même con partout, dans le sud ou l’Est de la France comme en Russie, en Chine ou en Inde. Je regrettais alors d’avoir été tellement surpris que je n’ai pas eu la présence d’esprit de leur dire tout le bien que je pensais d’eux, mais en fait il m’a fallut ce jour là deux heures de méditation sur le toit terrasse pour comprendre ce qu’il venait de m’arriver, et pour en arriver à la conclusion que le fun et l’aventure, n’en déplaisent à mes charmants compagnons, ne peuvent se vivre au détriment des gens qui nous invitent chez eux.

J’avoue que pour un premier contact dans le monde des routards et des lieux touristiques j’ai fait fort, une sorte de vaccination en quelque sorte, mais hard… Et je commençais à me dire qu’il fallait définitivement que je fuie au maximum les contacts humains à l’avenir. L’univers des guest houses est assez incroyables, que des touristes blancs qui y mangent une bouffe pas vraiment indienne et qui se racontent réciproquement leurs expériences les yeux rêveurs et se conseillent réciproquement les mêmes itinéraires. Effectivement, une fois glissé l’orteil, on peut ne pas voyager seul et se laisser guider très facilement par ces conseils. J’avais plus de chance au second tirage, en rencontrant un Suédois sympa et intéressant qui faisait un mois d’Inde après l’Indonésie et qui comme moi avait bien besoin de partager ses impressions de ce pays incroyable pour faire un peu le tri. De l’avis de tous, l’Inde est un peu à part et la réalité quotidienne d’ici pose pas mal de problèmes à certains pour être acceptée en tant que telle. Je n’ai pas eu trop de difficulté, mais je dois admettre qu’après près de deux mois d’immersion dans ce quotidien, ça faisait du bien de se poser un peu pour faire un petit bilan. Le lendemain, rencontre avec un argentin sympa pour quelques partage d’impressions, puis de deux vidéastes qui sont là pour faire un reportage sur l’Inde mystique. Comme ils se racontent leurs heures de méditation et les états de béatitude qu’ils parviennent à atteindre, je ne m’incruste pas, de toute façon ils ne sont pas trop disposés à échanger avec ces cons de touriste qui sont là pour le tourisme. Après ma première expérience, je ne peux pas trop leur en vouloir. Tout ça pour dire que : Oui, les clichés ne sont pas le fruit du hasard et se vérifient sur place. Oui, voyager est une chance, ça fait un bien fou et l’on peut y rencontrer des gens formidables, indiens ou étranger, plus encore si l’on voyage seul ; Non ça ne suffit pas à rendre les gens bons et humanistes ; Oui la proportion de cons rencontrés sur les routes d’Inde doit avoisiner la proportion qu’il y a de cons en France ou ailleurs parmi les gens qui rêvent de visiter l’Inde… Ils ne sont manifestement pas filtrés à la frontière.

La ville de Johdpur en elle-même, magnifique. Touristique mais c’est tellement dilué que c’en est imperceptible sorti du minuscule quartier des guest houses et de la tour de l’horloge. La vieille ville est un marché indien permanent avec tout se qui s’achète et se vend. Les maisons bleues lui donnent l’air étrange d’appartenir à on ne sait quelle légende ou mythologie, et la vocation populaire de ces quartiers de la vieille ville nous plongent en immersion totale dans la vie normale des familles indiennes ordinaires, soit tout ce qui fait que ce pays est si différent de ce que l’on peut connaître en Europe. Je m’en remets pour ça a des descriptions éclairées que vous avez pu lire ou bien aux documentaires divers et variés qui en donnent un très bon aperçu, ce n’est pas vraiment descriptible, le mieux est d’y être et de sentir ce quotidien, mélange d’odeurs délicieuses ou bien d’égouts, de rues crasseuses où se croisent de magnifiques indiennes aux saris impeccables et colorés, d’enfants qui viennent pour mendier ou pour discuter ou m’offrir une fleur sans raison particulière autre que trouver un prétexte pour discuter un peu. Et toujours cette grande curiosité dès qu’il y a cinq minutes de libres pour raconter un peu plus ou se marrer un bon coup car les indiens ont beaucoup d’humour, tout heureux de découvrir, surtout pour les plus jeunes, que je suis quelqu’un de normal… Effectivement, tout seul ça permet ce genre de contacts, souvent brefs, sincères et amicaux avec un vendeur, un gardien de musée, une bande de gamins, un père de famille en vacance, tous se demandant qui est ce grand blanc avec une tête sympathique (j’espère !) qui mange à l’indienne et esquive les vendeurs avec humour (j’essaie !). Un tour au fort et à l’immense collection du musée intérieur d’objets datant des derniers Maharajas. Magnifiques, le palais, le harem pour 300 femmes (rêveur…),  les armes forgées et incrustées d’or, les salles peintes d’or, le faste et les milliers d’heures à sculpter des dentelles de pierre pour masquer ces dames à la vue de tous ou presque… Et les murailles impressionnantes surplombant la ville, qui ne sont jamais tombées après de nombreux sièges. Murailles d’où passé le milieu d’après midi, on entend la clameur religieuse s’élever de la ville bleue, mosquées d’abord puis temples hindous qui jusque tard le soir vont diffuser par haut parleur des chants et incantations sans interruption.  Avouons qu’il y a dans ces incantations en langue inconnue un fort message mystique pour celui qui comme moi n’en saisit pas le sens mais uniquement la ferveur religieuse, perché quelques centaines de mètres au dessus du vide. L’occasion de rêver un peu, d’adresser une petite pensée aux personnes qui sont loin et un petit remerciement à sa bonne étoile qu’il ne faut jamais oublier au passage. Lendemain, visite du mausolé de marbre blanc, le Taj Mahal local, encore un magnifique et laborieux travail de pierre à voir en photos.

Le temps d’un dernier lassi, de rencontrer un gars de Jaisalmer. Sachant qu’il veut me vendre quelque chose, je lui dis que je suis en route pour Udaipur, et la discussion reste très amicale. Je ne le sais pas encore, mais demain, les aléas du voyage me conduiront dans son hôtel à Jaisalmer, ce qui sera l’occasion d’une bonne rigolade, encore une, j’aime ces surprises.

Jaisalmer donc, la cité du désert. Suivant les conseils unanimes, j’ai fait ce que je n’aurais jamais cru… Un safari à dos de chameaux. Je m’étais juré, mais bon, tous me l’ont conseillé. Et en fait, dans ma petite tête romanesque, je venais ici pour voir le désert. Or, il est quasi impossible d’y aller hors dune à touriste (Sam) sans safari. Il sentait bien un peu le bricolage et les bouts de ficelle ce safari pour le prix proposé (pas cher en euros, c’est sûr), mais bon après tout le gars enthousiaste et il mettait tellement de bonne volonté pour que l’on se régale que ça ne pouvait être que sympa.

Me voilà donc embarqué vers Cuhry avec deux charmantes étudiantes belge et espagnole en échange à Bengalore elles aussi inscrites pour ces deux jours. Vu que je ne m’attendais pas à la grande aventure style Lawrence d’Arabie, j’en garde un super souvenir, hormis la visite un peu malsaine des deux premiers villages très pauvres qui faisait un peu visite de zoo et où je n’ai pu que m’assoire et attendre le départ tant j’étais mal à l’aise. Ensuite la ballade dans le désert est magnifique, on prend le temps dans les dunes pour improviser un béret (pour ceux qui se souviennent quand ils étaient gamins) au coucher du soleil, avec les enfants d’un village voisin qui nous ont rejoints par curiosité. Bonne rigolade, ça devient déjà plus naturel. Le retour de nuit sans lune et dans le silence du désert est superbe, personne ne parle. La soirée est un peu bancale, les deux filles sont plutôt mignonnes et incroyablement innocentes, pour elles, elles ont plein d’amis en Inde et sont juste « amicales ».  Elles correspondent exactement au phantasme de 95 % des indiens mâles en ce début de 3e millénaire. Donc les trois organisateurs 20-30 ans qui sont là sortent la bière et le rhum et nous poussent à la consommation. Au début je me dis, tiens, ils veulent qu’on se couche tôt pour être peinards. Assez vite, il est manifeste que deux d’entre eux aimeraient bien conclure avec ces deux charmantes demoiselles en me surveillant du coin de l’œil pour voir si je tiens le coup à la bière. Ayant un peu senti venir le coup, je faisais gaffe à ne pas abuser (et puis, tout de même, il n’y a pas si longtemps j’avais encore de l’entraînement) tout en incitant les filles à la modération et en finissant un verre ou deux. Puis le temps passe et sentant qu’ils sont un peu trop tactiles mais qu’elles ne savent pas trop comment leur dire, je prends le prétexte de m’énerver un bon coup en français (qu’elles comprennent) pour leur expliquer qu’elles sont comme des connes perdues en plein désert et que sans le vouloir elles se sont promenees toute la journee dans leur petit haut moulant et sans prendre aucune distance dans un pays où les femmes des villages sont encore quasi intégralement voilées. Elles ont bien compris la situation et me remercient au passage d’être là et de le montrer. Eux aussi ont bien compris du coup la situation, c’était un peu le but, ils se font une raison et tout le monde dort assez vite. Cela me rassure pas mal car de toute façon, moi aussi je suis un peu comme un con perdu en plein désert sur ce coup si cela devient désagréable. Je pense qu'elles ont compris que, a la difference de Bengalore ou elles ont passe quatre mois et qui est une ville tres moderne, il est preferable de ne pas se comporter ici dans cette partie de desert a 15 km du Pakistan comme à Madrid ou sur la Costa brava, cela meme si nombre de touristes ne s'en soucient pas. Ici par exemple tout le monde consomme de l’Opium, si je ne suis pas là, qu’est ce qui les empêche de leur servir un jus de fruit aux épices du désert et de dire ensuite qu’elles étaient consentantes. Je dois dire que j’étais assez remonté et je me permet de décourager les jeunes filles d’aller jouer les madones seules en plein désert, au Rajasthan ou ailleurs, plus encore si elles trouvent qu’elles ont plein d’amis partout où elles passent. Ou bien faites vous accompagner et suivez a la trace le lonely Planettm avec les classiques touristiques.

Bref, ça n’empêche pas de passer de très bons moments et de garder les bons souvenirs, aller marcher deux heures, seul dans les dunes et avant le lever du soleil. Rêver un peu, c’était le but de ma venue, découvrir un autre univers où l’homme n’a pas sa place et voir ce qu’il y a à ressentir. De même qu’en mer ou en montagne, je voulais ressentir un peu de cette magie qui fait de chaque être vivant un élément un peu anachronique dans ce décor. La beauté du lieu est époustouflante, les sensations sont fortes, c’est une brève découverte, la prochaine fois ce ne sera pas dans le cadre d’un safari touristique, mais ça valait la peine. Je garde un bon souvenir de mon jeune camel driver, qui du haut de ses douze ans et des nombreuses responsabilités qui lui sont tombées dessus dans sa famille nombreuse en sait plus sur la vie que bien des étudiants que j’ai pu croiser entre 20 – 25 ans. Il a la chance d’aller encore à l’école et parle pratiquement couramment anglais avant même d’en commencer un véritable apprentissage. Capable de jouer comme un gamin dans les dunes quand c’est le temps de la pause, comme de prendre son assurance de vieux roublard du désert quand on se remet en route. Je me souviens du regard attendri (et des pourboires) qu’avaient pour moi les touristes en bord de mer, quand du haut de mes 12-13 ans je les recevais dans le petit magasin d’en bas à Sion, pour leur louer et réparer les vélos. C’est le même regard respectueux que j’ai pour ce petit homme dont le châle, attribut des hommes du désert, est hors de prix et n’est encore qu’une serviette de bain, mais qui rayonne d’intelligence et de débrouillardise. Un peu l’impression qu’il ne pourra jamais rien lui arriver d’insurmontable. En tout cas je le lui souhaite, c’est assez rare d’être à ce point impressionné par quelqu’un de si jeune. Ce sont les bonnes rencontres, toujours possibles, de même que le propriétaire des chameaux qui vient avec nous le second jour, il n’est pas businessman et parfois je ne sais comment l’expliquer, mais avec les gens plus « simples » ou « villageois », après quelques paroles échangées une sorte de respect mutuel peut s’installer, qui fait que l’on apprécie tous les deux la rencontre et qu’il est fier d’avoir une photo seul avec moi. Moi aussi, je suis un peu fier… d’être un peu plus qu’un simple touriste à la con à ses yeux.

Puis retour à Jaisalmer pour faire la visite de la ville. Les prix sont élevés mais ils ont aussi un choix varié pour plaire à tous les touristes, de plus je suis au courant des ordres de grandeur, ça aide, c’est donc l’occasion de faire un peu de shopping et de rencontrer du monde… C'est-à-dire des hommes. De l’avis de tous, plus de 90% de l’activité de la ville est induite par le tourisme. De mon propre avis, la seconde chose qui fait tourner la ville est le cul des touristes étrangères, finalement un peu comme chez les saisonniers des stations balnéaires françaises... C’est  impressionnant, en deux jours j’ai rencontré 6 ou 7 locaux avec qui j’ai passé vraiment du temps à discuter et invariablement, ils finissent par me demander ce qui est la grande question ici : que doit on dire ou faire pour séduire une étrangère. Tous en rêvent et la plupart avouent sans difficulté n’avoir jamais réussi à conclure. Mettez vous dans le contexte, les femmes indiennes, très belles, je l’ai déjà dit, sont ou trop protégées par leur entourage ou bien souvent assez prudes (de l’avis des locaux, je ne prendrais pas le risque de me faire mon propre opinion). Par ailleurs, la femme blonde est le gros fantasme des indiens, et chaque jour l’encart de gauche en une dans le plus lu des newspaper est réservé à la photo d’une actrice d’Hollywood, A. Jolie, M. Carey, N. Kidman… C’est pour dire. Ici à Jaisalmer, chaque jour, des centaines de touristes aux formes moulées de petits débardeurs et aux jupes légères débarquent la bouche en cœur pour découvrir l’Inde profonde (et non pas le contraire)… Et bien souvent, les histoires ne manquent pas, dans leur quête d’absolu dans ce décor des mille et une nuit ou en pleine recherche spirituelle, se laissent tenter par des aventures courtes et intenses avec plus ou moins les premiers venus, j’ai vu ça dans la guest house de Johdpur… La magie de l’inde, « everything’s possible in India ». De même que pour les devises, chaque habitant, surtout les jeunes, veulent leur part du gâteau. Alors chacun me raconte son histoire. « Une fois, je discute avec une touriste japonaise, l’invite à dîner, lui offre un verre, lui dit qu’il y a un peu trop de monde autour et que l’on pourrait trouver un lieu plus intime etc… Et là elle me dit non… » Que dois je faire ? Ou bien encore, « on était en safari, et là elle m’a dit qu’elle pourrait tout quitter et venir vivre ici… Et à la fin elle ne veut même pas m’embrasser »… Authentique. J’ai dit que les indiens ont de l’humour, alors pour le coup on se marre bien et on chambre pas mal. En fait ils sont un peu perturbé (comme au cours de mon propre safari, mais là, ça tournait moyen à mon goût) par le fait que naturellement et en toute amitié, une touriste puisse manifester cinq fois plus d’attention qu’une indienne qui viendrait faire une demande en mariage… Alors à la fin la déception est grande. Ils en rigolent et espèrent toujours, avec raison on peut dire. Je leur souhaite bonne chance et leur dit que les filles sont sensibles et que simplement en discutant, s’ils pensent déjà sexe, elles vont s’enfuir, qu’il vaudrait mieux qu’ils aient simplement en tête l’envie de leur donner du plaisir, ça marchera certainement mieux. Un conseil à la con comme un autre quoi, mais au moins j’ose espérer que celui-ci ne portera pas préjudice aux cars de touristes féminines qui viennent chercher des sensations fortes au Rajasthan. Un jeune bijoutier était ravi du conseil… S’il savait comme je suis moi-même piètre séducteur. S’il y a bien un sujet universel dont on peut parler des heures, c’est celui-ci. Et j’ai bien l’impression qu’en Inde plus qu’ailleurs, le décalage est grand entre les histoires d’amour merveilleuses bollywoodiennes et la société qui ne les permet pas vraiment. Donc la touriste ici alimente tous les fantasmes de la fille légère et accessible, attire l’œil peu soucieux de discrétion (c’est assez marrant) de la population masculine et la haine, peu soucieuse de discrétion, de la population féminine. Mais pour celles qui voudraient voyager en free lance et tranquilles un minimum de pudeur et de distance s’impose. C’est le minimum, comme je le disais à mes colocataires de safari, il y a une grande différence entre vouloir venir voir comment vivent les indiens et vouloir leur montrer comment on vit à Madrid. Par exemple les fringues indiennes, style rue de l’aiguillerie à Montpellier, qu’affectionnent les touristes (mais qu’aucun indien ne porte, ici c’est seulement pantalon chemise) sont somme toute un bon compromis pas trop moulant et assez roots pour se sentir roots. En tout cas, que de rigolade avec tous ces séducteurs souvent un peu déçus mais pleins d’espoir, avec entre temps un petit tour au fort et aux magnifiques temples jains vieux de plus de 600 ans que vous verrez dans l’album photos.

Enfin, retour vers Bhuj et le boulot, 22h de vieux bus poussif. Pas de touristes sur la ligne Jaisalmer – Bhuj, seulement des travailleurs Rajputs un peu tristes de quitter leur famille pour six mois et qui se rendent au Gujarat où ils ont un job… Parmi eux un groupe de jeunes qui chantaient à plusieurs voix les tubes du moment pendant des heures en percussionnant les sièges déjà fatigués du véhicule. C’était prenant, en traversant cette partie accidentée du désert du Thar vers le sud. Un peu plus près de la réalité locale et un peu plus près de ces gens qui sont si amicaux, curieux et accueillant dès qu’il n’est plus question de business, un peu comme dans un vieux bus.

Le retour en France sera dur, je le sais déjà, que répondrais je à ces gens qui ne manqueront pas de me bassiner avec leurs petits problèmes sans intérêts, leur programme télé de merde et la France qui va mal car il y a trop d’étrangers, tout en préparant leur fabuleux voyage de rêve vers Jaisalmer, ou les grandes pyramides, ou mes couilles.

Peut être que vu la hot saison, je leur conseillerai des tenues courtes et moulantes pour ces dames tout en ventant l’hospitalité locale et l’ardeur des magnifiques guerriers Rajputs, ça leur fera de l’aventure et des souvenirs d’exception tout en permettant à mon pote bijoutier de continuer l’entraînement. Si on peut rendre les gens heureux…

A bientôt

 

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 11:34

UNCLE... C'est comme ca que tous les gamins du Kutch m'appellent ainsi je presume que tous les visiteurs etrangers qu'ils rencontrent. J'etais plutot amuse jusqu'a ce que j'apprenne que c'etait reserve aux personnes "d'un certain age"... Sinon toujours le plein de rencontres, parfois amusantes, comme ce jeune homme, bientot dilome d'informatique, qui veut aller travailler a l'etranger et qui est venu me demander tres serieusement pourquoi j'etais "so white and so tall", si blanc et si grand... J'ai repondu gentiment que c'est parcequ'en ce moment chez moi il neige; ca manque un peu de precisions, ce n'est pas vraiment mentir, et il avait l'air convaincu... C'est tres charmant mais je dois dire que j'etais tout de meme un peu surpris, surtout de sa part. Uncle... C'est aussi la periode qui veut ca avec mon vieux frere Alex desormais pere d'une petite fille. Ce nest pas le premier dans mes connaissances mais la d'un coup c'est vraiment tout proche... Et dans un mois ce sera au tour de nma grande soeur... Trop de bonheur tout ca, et une petite page de plus qui s'ecrit au dos de la precedente. Pour oublier toout ca au plus vite, je pars pour quelques jours vers le Nord, Mont Abu, Johdpur, Amber, Jaisalmer... L'itineraire n'est pas fait non plus que le timing... Une petite envie de ces noms bien connus, la decision se fera sur place au feeling avec ces lieux a forte vocation touristique. Peut etre y a t'il quelque itineraire bis non fleche? A bientot

 

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 13:00

Bonjour, juste un petit mot pour dire que tout va bien. Après un gros mois sur place à Panandro, je fais désormais un peu partie du décor, alors ça devient plutôt sympathique. Après finalement, on retrouve partout les mêmes traits humains. Ici c’est la folie du cricket, alors on discute cricket, je maîtrise à peu près la majorité des règles et c’est sympa d’aller voir un petit match des équipes locales, ça permet de rencontrer pas mal de monde en dehors de la colonie. La colonie, c’est un village artificiel (et avec plus de confort qu’aux alentours) qui a été implanté près de Panandro pour loger le nombreux personnel qualifié de la mine et de la centrale thermique attenante. Pour vous donner une idée, la mine emploie touts personnels confondus environ 4000 employés. Parmi eux, tous les qualifiés jusqu’aux conducteurs d’engins et mécanos sont logés à la colonie. Beaucoup de gens sympas. J’ai beaucoup de mal à me faire aux méthodes de travail local, mais il est un fait, les responsables sur le site, s’ils ne participent pas beaucoup, aiment se marrer et parler d’un peu tout et n’importe quoi, donc ça rapproche. Pour les autres c’est la même chose, au début, j’étais un peu une curiosité mais à force, il suffit d’un petit mot en Kutchi ou un petit geste humoristique pour éliminer la distance et tout de suite les gens sont soulagés et souriants, parfois ils s’imaginent que je parle gujarati et se lancent dans une grande tirade qui finit généralement en éclat de rire quand je fais mine de comprendre. Hier, c’était le Holly, une des principale manifestation religieuse hindou ou « festival » qui coïncide avec le début de la récolte agricole dans beaucoup de régions. Cela a commencé la veille avec un grand feu sacré qui reprend une légende de fils de démon sauvé des flammes par une intervention divine (je fais court). Ensuite le lendemain c’est un grand moment d’amusement général. Tout le monde se promène avec des poudres colorées et astique à tour de bras le moindre passant. Les enfants sont ravis et aspergent les alentours d’eau colorée. Les plus grands, managers compris, se rassemblent par petits groupes de connaissances et font le tour pour badigeonner un maximum de visages de bleu, vert, jaune, violet… Tout le monde y passe. C’est un grand éclat de rire tout au long de la matinée, en ce jour, il n’y a plus de hiérarchie, plus de caste, plus de titre et tout le monde tolère une familiarité que l’on ne trouve pas d’habitude.

C’est vraiment sympa, quand un groupe un peu sauvage déboule, il suffit de fermer les yeux et de prendre dans ses bras tous le hommes qui viennent faire une accolade fraternelle. Les femmes font de même de leur côté… Ensuite, un petit détour au temple où l’on se fait offrir des « sweets », pâtisseries indiennes et où l’on partage une boisson mélange de lait, eau, cardamome et une plante que je ne connais pas aux effets mi calmants mi euphorisants. Puis ensuite les gens s’invitent pour discuter et déguster des « sweets » en tous genre. C’est délicieux. Je rajoute deux trois photos dans l’album « Kutch », si ça vous intéresse. Sinon pour le reste, et bien c’est comme partout, passé la première semaine de surprise et la seconde de découverte, ensuite on est tout simplement chez soi. Donc la normalité est désormais pour moi cette vie indienne épicée, contrastée et souriante que je vais partager encore quelques temps… Et que je quitterai encore une fois avec la désagréable impression de ne jamais pouvoir y revenir. Ca devient une habitude, et finalement c’est déjà tellement de chance d’être venu une fois, on finit par se faire une raison.

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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 12:39
 Bollywood song: Humne Sanam Ko Khat


Quelques nouvelles. Difficile de savoir quoi dire, c’est tellement loin de chez vous… Peut être le mieux est il d’aller se faire une idée en regardant les photos dans l'album "appercu du Kutch" . Ensuite revenir pour lire ces impressions très personnelles.

Très personnelles car il n’est pas de raison de décrire ce que je vois ici ; c’est finalement du vu et revu sur les reportages en Inde, en Afrique, au Moyen Orient ou Asie et dans je ne sais encore quelles contrées arides. Les maisons aplaties par le soleil, les gens emmitouflés de châles, turbans et tuniques bouffantes pour s’en protéger. Les engins motorisés de toute sorte customisés, hors d’âge et ne devant leur salut qu’à la patience des usagers et l’adresse des mécanos. Les étages de pot sur la tête des femmes allant chercher l’eau et les troupeaux de bétail en liberté dans les rues qui sont traits à domicile au lever du soleil. Au bout de deux semaines c’est devenu un quotidien qui ne semble plus trop surprenant, depuis le temps que je m’attendais à faire un petit tour dans un tel coin. Par contre pour moi ça prend sens. Depuis bientôt quatre ou cinq ans à m’intéresser aux différents aspects de l’accès à la ressource eau, tout à coup la finalité est là, sous mes yeux : de mes premières lecture sur les nappes en voie d’assèchement en Afrique du Nord aux méthodes de collectes d’eau de pluies en passant par les traitements et désormais les biblios du « Journal of Arid Environment» et les recherches en condensations diverses en conditions variées. Tous ces questionnements et hypothèses à traiter et résoudre avec tout le temps en tête un endroit tel que celui-ci dictant les contraintes de coût, de choix des technologies et de mise en œuvre. Donc tout à coup le sentiment que ce travail n’était pas seulement un caprice scientifique pour décrire un phénomène un peu exotique et symbolique, mais que le résultat pourra bien trouver une application très concrète susceptible de faciliter la vie d’un nombre indéterminé de personnes déjà suffisamment défavorisées et aux conditions de subsistance assez précaires pour que ça vaille la peine de leur consacrer cet effort de recherche. Voilà pour l’aspect projet qui occupe tout de même une grande partie du temps. Ensuite, d’un point de vue personnel, ce n’est pas seulement un vieux rêve qui se réalise. Cette fois ci j’atteints un certain but qui serait de se confronter à cette face sombre du monde appelée pays en voie de développement, appellation qui bien qu’assez inappropriée pour le sous continent indien, reste d’actualité au moins pour cette région du Kutch je pense. Se confronter car je ne parviens pas à dissocier ce genre de téléportation d’un tas de questions sur les raisons qui pourraient justifier ma présence dans cette région. J’ai précisé dernièrement que mes craintes sur la perception de la misère et de l’injustice s’étaient rapidement dissipées dans le quotidien Indien dans lequel ces aspects sont une composante tout à fait normale. Mais cela n’empêche pas le vertige des chiffres et toutes les têtes qui se tournent sur mon passage dans cette région reculée qui ne voit passer que très peu de blancs et qui rappellent bien que l’on représente quelque chose de particulier. Une journée de travail est payée ici moins de 2€, quand il s’agit d’un travail reconnu comme tel et bien payé ; un bon repas dans un restaurant correct du coin coûte 25 roupies, 50ct d’euro. Heureusement, ces questions s’effacent au fur et à mesure que les mêmes personnes sont retrouvées jour après jour et que la curiosité et la simplicité reprennent le pas sur le premier abord. Vous n’imaginez pas l’effort intellectuel nécessaire à un ouvrier indien pour franchir, tout désolé, une porte que je tiens ouverte. Mais ensuite, le temps de s’en remettre, il va m’inviter le lendemain à prendre un thé avec discussions à n’en plus finir aux chorégraphies bricolées ou dessinées sur le sol de poussière du tchaï bistrot. J’ai simplement la chance infinie de venir pour un intérêt partagé, ce qui me met à l’abri du bain de naturel et d’authentique que peuvent s’offrir, au prix d’un luxe insensé vu d’ici, certains occidentaux en quête de quelques chose divers ou varié. Ce sera plus dur la prochaine fois quand je reviendrai dans la seconde position… Après, il y a encore tous les bons moments, le passage au temple de Mata na mat en attendant le prochain bus, haut lieu de pèlerinage hindou, ses très anciennes statues vénérées, ses colonnades de dentelle, ou bien encore le temple de Suthari, recouvert d’argent et d’or, dont chaque étage comporte quatre statues de marbre blanc, dos à dos vers les quatre directions géographiques. Ou bien encore la rigolade avec ce vendeur polyvalent qui répond en même temps à trois téléphones et à qui j’apprends qu’il est le sosie parfait d’un acteur français, Jahmel Debouze. Puis je lui traduis l’intégralité de son photocopieur acheté pas cher et qu’il utilise depuis trois ans en aveugle avec toutes les fonctions et réglages qui s’affichent en français… J’adore. Ou encore ce petit (de taille j’entends) jeune ingénieur très sympa avec qui je travaille, qui du haut (si j’ose dire) de son vécu est absolument terrorisé à l’idée que je me retrouve seul perdu dans cet univers hostile qu’est le Kutch, malgré l’énergie que je déploie à tenter de le rassurer… Finalement, je pense que la seule chose vraiment difficile à supporter depuis ma venue est ce système de castes qui organise encore la société. On a beau être prévenu, cela transforme le plus sympa des collaborateurs en personnage absolument méprisant et antipathique dès que l’on est confronté au monde extérieur, sur un chantier ou bien dans une file d’attente quand il vient se placer tout naturellement en première position ou qu’il jette au beau milieu de la pièce les ordures que d’autres ramasseront. J’ai beau me persuader que c’est normal, j’ai du mal à me retenir, d’autant que l’on sent bien que cela soulève malgré tout un certain ressentiment aux alentours. Mis à part ce désagrément passager, je pense qu’en coupant depuis des générations la prise de décision de la mise en oeuvre pratique et appliquée, cela se révèle plutôt improductif sur le terrain, en regard du nombre de personnes déployé, mais cela reste un avis encore très partiel. Bref, voilà ce qui fait un petit quotidien sans rien de vraiment extraordinaire si ce n’est le fait de le vivre ; je pourrais encore vous parler des paysages et de tas de choses. Mais pour cela il y a les photos et votre imagination. A très bientôt…

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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 11:48

 

Aujourd’hui je craque, c’est bien beau de bosser à l’institut mais à part me rendre là où on m’a dit de faire trois courses (donc magasin assez classe pour moi et les gens de l’IIM), je n’ai toujours pas fait le petit tour de repérage en free lance qui permet de se sentir ensuite chez soi.

Alors c’est parti, avec comme unique objectif (raisonnable) de trouver un « alarm clock » je me fais déposer à la limite de mon univers connu et poursuis au hasard.

Environ 20 minutes après et deux quartiers plus loin a pied, je trouve ce que je veux, plus du shampoing fructis pour prendre bien soin de mes cheveux encore vaillants… Et là je continuerais bien mais me retrouve comme un con car je me rend compte que je suis dans une ville de 2-3 millions d’habitants (il me semble) et que comme on prend bien soin de nous pour tout à l’institut, je ne sais même pas si je me trouve à 5 ou 15 km du centre ville, au nord, au sud ? Et là instant magique, pour la première fois je sors mon lonely planet™ que je me suis forcé à acheter pour la première fois en venant ici. Conclusion, je persiste à croire que pour l’essentiel, il faut éviter de se référer au guide. Si je m’en réfère à la Polynésie (autres conditions je l’admet), rien de ce que j’ai pu faire là bas ne me serait arrivé si j’avais pris mes infos dans un guide (c’est assez flagrant comme finalement il renvoie invariablement vers les lieux communs, ou qui le deviennent de fait apres publication dans ces "references"). Mais pour le coup, le petit plan d’Amdavad glissé en page 634 est quand même assez pratique pour comprendre un peu la topographie des lieux après deux bidouilles d’un hindi en anglais.

A partir de là c’est que du bonheur, maintenant que je sais où est le nord et que vu la distance je m’aperçois qu’il est vain de tenter de rallier le fleuve à pieds, facile d’indiquer à un pilote (c’est bien le terme !!) le « Neru Bridge » et « across ».

Ensuite, il est difficile de décrire le reste. Ce qui vient en premier sont les poncifs habituels, entendus et re-entendus : les bidonville au pied du luxueux hôtel meridien… Je vous épargnerai donc les photos de vaches sacrées en liberté et de dromadaires tirant des charrettes en plein centre ville. Je vous épargnerai aussi les photos de mendiants infirmes ou handicapés, de stands de fruits bricolés sur trois cageots à roulette et de campements d’intouchables vivant un peu partout sur les trottoirs. Il est vrai que rien n’est exagéré dans les descriptions que j’avais pu entendre auparavant. Mais comme je le précisais récemment, ce n’est pas tant la violence ou le choc du spectacle qui compte, que le regard instantané que l’on porte quand on y est confronté.

Hors, vendredi 10 février, je me sens à Amdavad comme si j’y étais depuis un ou plusieurs mois. Je déambule sans me poser de questions ; si dans une ruelle je sens le regard des gens un peu trop surpris de me trouver ici, je bifurque pour rejoindre une avenue plus ouverte et animée (ne tentons pas le diable non plus, n’oublions pas qu’avec 200€ je vais vivre, payer mon loyer et la nourriture pendant trois mois dans le Kutch ; donc avec mes quelques milliers de roupies dans la petite pochette contre ma poitrine et mon appareil photo compact canon™ je peux faire vivre une famille pendant quelques mois ou années). Je profite de l’ambiance et suis moins sollicité par les vendeurs que je ne l’aurais cru, c’est à l’aise.

Comme je l’ai déjà dit, à ma grande satisfaction, tout me parait plus ou moins normal. Je suis ici, dans une réalité autre que l’occident, que rien ne peut me rappeler, l’extrême y est normal et il n’y a pour ainsi dire aucune tentative consciente ou inconsciente de comparaison, donc pas non plus d'echelle de tolerance.

Restent des impressions, générales, un certain émerveillement devant certains tissus, pour certaines odeurs, pour deux trois petits mots échangés qui finissent par une bonne blague et un bon éclat de rire entre deux personnes qui sont bien trop différentes pour être amies un jour. Reste aussi la découverte, non pas émerveillée mais curieuse de cette ville étrange, poussiéreuse grouillante. Ici, tout peut faire l’objet d’un commerce, le moindre prétexte de service peut faire subsister quelqu’un. Je souris en voyant cet homme dont la seule fortune est un pèse personne flambant neuf, qui attend entre deux vendeurs aussi improbables que lui, que quelqu’un souhaite connaître son poids moyennant quelques roupies. J’observe les vieux bâtiments tout droit sortis d’un film quelconque qui ne tiennent que par la volonté des nombreux passants qui en longent les cinq étages. Ou encore les bâtiments neufs, élevés à bras d’homme et qui sitôt finis sont recouverts de poussière et d’une patine qui leur donne bien un demi siècle.

En fait parfois me vient l’idée saugrenue que ces bâtiments doivent être vides tant l’activité se passe dans la rue. Ils sont là pour le décor, mais les gens vivent dehors. Ou bien, encore plus probable, c’est aussi bourdonnant et peuplé dedans que dehors. Voilà la ville.

Je ne suis pas trop tourisme monuments et musées (donc pas trop photos comme vous vous en rendez compte) mais je suppose tout de même qu’il faudra que je me force à rouvrir mon Lonely Planet™ avant de partir afin de ne pas passer à côté d’un temple extraordinaire ou d’un spectacle inoubliable. En attendant, dimanche, départ pour Bhuj et le site minier au fin fond du kutch où sera mis en place le condenseur. Donc pas d’Internet là-bas, je pense tout de même vous confier quelques impressions à intervalle de quelques semaines.

Une bonne bise à tous, la prochaine fois si c’est un peu moins boulot je vous invite, ça serait assez sympa de faire un petit rond à deux trois pingouins dans ces contrées incroyables. Mais pour l’heure c’est très axé travail et résultats ! Ils ne rigolent pas ici, d’ailleurs j’ai du me déguiser aux couleurs locales, je vous montre c’est assez marrant. Rassurez vous, je ne vais pas me promener en ville comme cela…

A bientôt

 

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11 février 2006 6 11 /02 /février /2006 11:43

…Ou petits usages locaux.

Juste un petit aparté sur quelque chose qui m’amuse beaucoup ici mais qui n’a rien de bien sensationnel. Connaissez vous le verbe dodeliner ?  En général on dodeline de la tête - bien que personnellement l’idée que l’on puisse dodeliner avec de nombreuses autres parties du corps m’amuse beaucoup, je vous laisse imaginer le tableau-. Et bien les indiens adorent dodeliner (de la tête naturellement) quand ils parlent. C’est vraiment charmant, mais un peu surprenant au début.  En fait il semble que ça ait un peu rapport avec un certain rapport hiérarchique, car en fait j’ai l’impression que dans la rue ça dodeline beaucoup moins que à l’institut par exemple. Par contre si je parle avec un « boy » de nos logements, sa tête balance et s’incline de droite à gauche comme si elle était en suspension sur un cou tout souple !! Et c’est la même chose quand quelqu’un de l’unité s’adresse au Professeur… Bref un genre d’acquiescement permanent afin de te faire comprendre que tu as raison avant même de t’être exprimé…

Enfin, le dernier qui a dodeliné comme ça avec moi m’a fait payer une carte de recharge qui était comprise gratuite dans le pack !!! Faire gaffe quand même aux dodelinements trop souriants. Mais bon c’est le jeu et comme rien n’est cher, ces débordements ne dépassent jamais 4-5€. C’est parfois le prix à payer au début si l’on veut faire sois même les choses. Sinon, il suffit d’aller à l’accueil et de demander, un boy le fait pour toi… pas mon genre. Ou bien il faut discutailler pour gratter deux euros… vu ce que ça représente pour moi et pour lui, je n’ai pas vraiment le courage, ma mauvaise conscience se met alors à me gratter derrière l’oreille. Ensuite, pour ce qui revient souvent, taxis etc, on a très rapidement un ordre de grandeur du tarif raisonnable qui permet de discuter rapidement si le compteur a été trop véloce. C’est un jeu assez amusant en fait, qui devient de moins en moins âpre au fur et à mesure que l’on est rodé et que l’on a un air « local » dans la façon de demander. Enfin, un air local. Pour l'instant je suis americain ici car un francais qui parle anglais ils n'arrivent pas a le croire! Belle reputation... Je devrais apprendre à dodeliner moi.

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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 18:22

Bonjour,

Ce coup ci je vais juste raconter un peu ma vie, c'est bateau mais ca rassurera la famille:-)... Apres un voyage agreable, l'arrivee sur le sous-continent s'est tres bien passee. J'ai donc ete recu (desole pour les accents cedilles et compagnie, mais sur ce clavier anglo saxon c'est la misere a aller chercher) a l'Indian Institut of Management d'Ahmedabad... Un peu impressionne pour tout dire car on m'avait bien dit que c'etait un campus renomme, mais il l'est en fait beaucoup plus que je ne l'imaginais. il semblerait que ce soit la troisieme ecole de commerce et management d'Asie apres Tokyo et Singapour si j'ai bien compris. Autant vous dire que je n'ai pas le profil type de l'etudiant modele et que je fais un peu clochard, moi qui n'avait prevu que de vieux TShirts pour le Kutch!!!

I.I.M.

Ici je ne croise que des futurs chefs d'entreprise ou ministres qui apprennent a etre... pdg. ou ministres...ou consors. Alors je tente de laisser tomber ma familiarite avec le (nombreux) personel de la residence... Qui apportent le journal et le cafe le matin, qui nettoient tous les jours, vont faire vos courses etc... Je ne suis pas trop habitue, non plus qu'a la cireuse de chaussure automatique dans le couloir. Bref, je m'amuse bien!! Extrait de dialogue avec un etudiant de Manille tres sympa qui est passe par les plus prestigieuses ecoles de commerce de New York, Paris, Singapour et qui est ici pour un mois...

- Ah, (en anglais) j'etais en France a Paris, I loved it too much! And yu? Montpellier? Ah, very good! Qu'y a-t-il comme entreprises a Montpellier?

- Euhhhh.... je suis scientifique, peut etre que mon oeil est moins entraine a ce type de lecture dis-je un peu pris a froid...

- bank sector? 

- (a part : Ouhla, il est overdose lui!!) Euhhhh... Maybe tourism...

Et je me sauve avant d'etre embarque dans une joint venture pour prise de controle OPAble de l'office de tourisme de Montpellier par des fonds speculatifs douteux! Bon, je blague mais c'est une grande chance pour moi d'etre ici, je travaille avec un grand professeur qui est un specialiste reconnu du developpement et de la mise en oeuvre (Management... donc pas seulement recherche theorique!!) de techniques simples a l'usage de populations tres pauvres. Il est de plus tres abordable mais semble vraiment quelqu'un de reconnu. C'est pourquoi d'ailleurs, je commence par travailler dur et ne suis pas encore vraiment sorti de l'IIM depuis mon arrivee.

Je suis tout de meme alle faire une petite ballade a pied, en insistant pour aller faire mes courses moi-meme. Il est vrai que le spectacle est assez saisissant; la rue est un enchevetrement de vehicules en tout gentre motorises ou non, de la charette a bras a la grosse 4x4 merco (quand meme assez rare) qui se croisent et se claxonnent en permanence dans un desordre qui ferait fuir en courant meme le plus temeraire des parisiens. C'est vraiment cliche, mai c'est aussi la premiere chose qui saute aux yeux... Corollaire, la seconde chose qui saute aux yeux est la quasi impossibilite de traverser la rue, a moins de se lancer dans une corrida a l'issue incertaine en implorant son karma! et la ce n'est plus de l'humour, pour l'avoir fait quelques fois, je peux vous affirmer que je suis bien moins stresse quand il s'agit d'envoyer un bon gros saut a la motagne que sur le trottoir d'Ahmedabad quand il faut aller voir la petite vitrine de l'autre cote de l'avenue. Par contre jusqu'a present je suis plutot satisfait de ma resistance psychologique car je craignais profondement avant mon arrivee d'avoir du mal a supporter certains traits de la societe "normaux" ici, comme des visions d'extreme pauvrete et de misere a soulever le coeur. Evidemment je n'ai eu qu'un petit apercu, mais de ce cote la en fait, la tolerance est grande. Effectivement, le spectacle est vraiment impresionnant, partout au bord des rues et dans la poussiere soulevee par le trafic vivesnt de groupes de personnes ou des familles. Chaque espace un peu libre est couvert d'un morceau de bache plastique abritant des couches et un necessaire de survie plus que minimaliste. Sur des travaux de voirie, des femmes travaillent la avec leurs enfants (en bas age) pour je suppose un salaire derisoire. Et pourtant cela semble normal. Et pourtant en France je fremis a la vue d'un SDF qui tend le bras de maniere un tant soit peu affamee. Et pourtant... Je pense que l'immersion dans cet autre univers y est pour beaucoup, ces gens semblent vivre normalement (evidemment, c'est leur quotidien) comme ils iraient au champ avec leurs enfant sur un haut plateau tibetaien. Dans ce dernier cas, avec notre vision occidentale, nous trouverions cela "mignon" ou "typique" ou "traditionnel".  Assurement, ce n'est pas une vie decente et leur quotidien est certainement parmi les plus dur qu'il soit. Seulement, au niveau du regard, cela ne choque pas autant que je ne le craignais, et finallement heureusement car alors je ne viendrais pas bosser ici. D'autant que je ne supporterais pas alors le contraste entre notre univers de palais, etudiants choyes a qui l'on sert des mets raffines trois fois par jour (de ce cote la, la cuisine indienne est incroyablement excellente et variee), et la rue juste devant le portail ou tentent de subsister cette population exclue de ce que chez nous nous appelons "le minimum". Peut etre aussi que mon projet sur lequel je travaille jour et nuit pour la mise en place de condenseur dans une region encore bien plus pauvre qu'ici legitime a mes propres yeux ma presence ici et m'evite de me poser un tas de questions derangeantes.

En tout cas, je profite de cette experience pour continuer a apprendre de nouveau et vais vous laisser car je dois aller poursuivre la mise au point des mes systemes qui m'accaparent un peu en ce moment...

A bientot

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 00:49
 Bollywood song: Lata Mangeshkar




Bonjour,

Rien de bien nouveau, si ce n'est que dans cinq jours je m'envole pour l'inde; direction Ahmedabad où quelques jours se passeront afin de prendre contact avec mes référents locaux et l'ambiance du pays. Ensuite, envol pour Bhuj et arrivée dans les villages tribaux du Kutch, comme il est écrit dans l'extrait d'un fameux guide sur le net. Le travail sur place se présente très intéressant, j'espère me montrer à la hauteur et obtenir des résultats justifiant un déplacement si lointain.
Justifiant surtout cette nouvelle expérience inattendue et qui je pense sera extraordinaire. J'ai longtemps rêvé de voyager, sans jamais me créer les occasions. Je suis on ne peut plus maladroit en tant que touriste et trouverais difficilement ma place dans l'humanitaire pour cause de trop de questions dans une trop petite cervelle, du genre les raisons d'une implication personnelle de ce type et du genre la place de l'ensemble de ces actions dans un ordre de dépendance établi... Interrogations qui soit dit en passant, n'égratignent en rien le mérite des nombreuses personnes qui s'investissent dans des actions essentielles un peu partout, mais qui m'imposeront personnellement un tour d'horizon  sérieux sur les justifications  objectives et le degré d'efficacité de mon implication humanitaire si cela devait arriver un jour.

Je trouve donc dans cette collaboration scientifique le cadre qui me correspond pour aller  rassuré vers mes rêves, ou bien simplement rassurer mes rêves, non pas d'Aventure, car sur ce plan,  je  pense avoir rencontré des tempéraments plus  "aventureux" justement, mais vers Mon aventure comme je l'aime. Voir enfin en live les rumeurs entendues et colportées par ailleurs sur ces civilisations  si  différentes à  7h  d'avion du  "bien d'chez nous". Voir certainement mon premier désert; qui n'en rêve pas après avoir vu les documentaires et lu les livres des grandes traversées à dos de Méharis... J'espère avoir la chance de pouvoir faire de cette première rencontre quelque chose d'inoubliable, hors sentiers touristiques, un peu comme les premiers requins rencontrés nez à nez, seul sur une patate de corail à Tikehau... Les conditions idéales quoi. Je m'imagine et essaie de me fier à ma très légère toute neuve expérience de voyageur, qui me dirait de ne rien prévoir, de se laisser aller doucement à l'environnement, écouter une bribe de phrase, un nom de lieu, saisir une occasion quelconque, toute simple, de la vie quotidienne pour être associé à chacun d'entre eux... Je commence à voir aux premiers échanges avec mon responsable sur place, que mon profil ne colle pas tout à fait à ce qu'ils s'attendent à recevoir d'une université française. J'espère que comme en Polynésie ou Croatie, cela jouera en ma faveur et me permettra de faire ce que je souhaite, mais c'est un peu tôt pour se rendre compte car je n'ai pas vraiment idée de ce qui m'attend et de ce que vont être mes réactions. La seule chose que j'ai remarqué, c'est que sur place, tout est souvent beaucoup plus facile que l'idèe qu'on s'en fait au préalable. Car on a toujours tendance à oublier que si pour soi il s'agit de se projeter dans un monde inconnu, l'ensemble des personnes rencontrées sur place vivent leur vie quotidienne normale très loin des idées reçues romanesques, idylliques ou désastreuses que l'on peut se faire avant le départ. Et on a très vite fait à apprendre ce réel de l'entourage. Mais est ce toujours valable pour un pays comme l'Inde?
J'ai dit romanesque? Effectivement, ce soir, il se peut que je sois un peu "romanesque"... Je dois en profiter, cela ne durera pas. A l'excitation qui précédait mon départ en Polynésie qui était pour moi le premier "saut" en dehors de notre cher univers familier, se substitue désormais un impatience. L'impatience de la gourmandise, ou du convive qui a été mis en appétit. Du rien au tout, en peu de temps. Et toujours l'impression que c'est le dernier, qu'après celui-ci ce sera la noyade dans la rédaction de thèse, suivie de la galère du premier emploi après bac +8 qui selon un vieille légende colportée du DEUG à la maîtrise sera un emploi de caissier en grande surface... Que peu d'entre nous, "universitaires" auraient objectivement le courage de faire plus de deux mois, je vous connais un peu jeunes gens... Dernier voyage, ou bien peut être l'occasion de se faire une expérience vendable pour pouvoir poursuivre un peu sur la lancée, peut être pas en rosée, mais dans un autre domaine? Parfois difficile d'y croire tant l'impression est persistante de bénéficier d'une parenthèse chance extraordinaire avec ce projet qui n'a de cesse de développer de nouveaux rebondissements et pour lesquels mes responsables ont jusqu'à présent la gentillesse de m'accorder suffisamment de confiance pour y être associé. Donc trois ans puis un retour à la vie normale... Alors j'espère "profiter le moment" comme dirait un ami, et pourquoi pas pouvoir assurer suffisamment le volet scientifique pour mériter un encouragement à continuer. Ce serait déjà pas mal pour mon petit personnage autour du monde des découvertes...
Quelques impressions comme ça, en me retrouvant seul après une visite agréable ce week end, en me replongeant dans la montagnes de choses à régler avant mon départ, et pour me donner de bonnes raisons d'enquiller quelques nuits blanches jusqu'à l'envol.
A bientôt...


sources photos :
http://www.astrosurf.org/lombry/Documents/terre-inde-ran-de-kutch.jpg
http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/south_asia/728124.stm
http://perso.enst.fr/~combelle/gujerat.html

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